Pourquoi cette situation devient fréquente ?
La réglementation F-Gas impose une baisse des quotas qui entraine une baisse de la disponibilité des fluides frigorigènes et donc la hausse des prix.
Face à cela, certains de vos clients cherchent à réduire leurs dépenses en achetant eux-mêmes du fluide frigorigène, puis demandent au frigoriste de l’utiliser lors des interventions.
En réalité, cette pratique expose les professionnels à des risques importants, notamment en matière de sécurité, de conformité et de responsabilité.
Ce que dit la réglementation et les différents cas
Tous les fluides ne se valent pas, et leur utilisation est strictement encadrée.
Les trois types de fluides
- Fluide vierge : fluide neuf acheté auprès d’un distributeur
- Fluide recyclé : fluide récupéré et réutilisé sous la responsabilité de l’opérateur
- Fluide régénéré : fluide traité pour retrouver des performances proches du neuf, avec certification
Peut-on utiliser le fluide du client ? Cela dépend des situations
|
Fluide vierge |
Fluide recyclé |
Fluide régénéré |
|
Le client doit : Disposer d’une attestation de capacité Pouvoir justifier l’achat
|
Autorisé uniquement si : Le fluide a été récupéré par le même opérateur Il est réutilisé pour ce même client |
Nécessite : Une attestation de capacité Un certificat de régénération
|
|
Mais cela ne garantit ni la qualité ni la provenance réelle du fluide. |
|
Sans ces éléments, la fiabilité du fluide n’est pas assurée. |
Les risques pour le frigoriste
Accepter un fluide dont l’origine est illégale peut entraîner :
Pour un fluide illégal il est impossible d’avoir la certitude du lien entre l’étiquette et le gaz que contient la bouteille. Il est possible d’avoir un fluide inflammable à la place d’un fluide A1. En pensant manipuler un fluide A1 alors qu’il est A2L ou A3 le technicien utilise des équipements non adaptés et s’expose donc à des risques d’inflammabilité voire d’explosion.
Il est possible d’avoir un gaz dont les composants sont déséquilibrés ce qui modifie la relation pression température et donc peut entrainer des casses compresseurs
Pour finir, si le client n’a pas l’attestation de capacité, son fluide est forcément illégal puisque les distributeurs de fluides ont l’obligation de vérifier l’ADC.
Comment réagir face à cette demande ?
- Appliquer les vérifications indispensables
Avant toute intervention avec le fluide fournit par le client :
- Vérifier l’attestation de capacité du client
- Demander la facture d’achat du fluide
- Exiger les documents de traçabilité
- S’assurer que le CERFA est correctement établi
Ces étapes sont le minimum pour limiter les risques.
- Refuser les situations à risque
Si l’origine du fluide est douteuse ou non vérifiable, il est préférable de refuser son utilisation.
C’est une décision professionnelle qui protège :
- Vos équipes
- Votre responsabilité
- Votre client
- Proposer une alternative plus intelligente
Plutôt que d’accepter un fluide potentiellement illégal, il est plus pertinent de proposer des solutions économiques et conformes.
Utiliser des fluides moins chers et réglementaires
Certaines alternatives permettent de réduire les coûts tout en restant conformes : voir les solutions
Conclusion
La demande d’un client d’utiliser son propre fluide frigorigène n’est pas anodine.
Derrière une logique d’économie immédiate peuvent se cacher :
- Des risques techniques
- Des risques humains
- Des risques juridiques
La bonne approche consiste à rester rigoureux, à sécuriser ses interventions et à proposer des alternatives légales et durables.
Dans un marché sous tension, la performance ne passe pas par le risque, mais par la maîtrise.
Chez Framacold, nous vérifions la conformité de tous nos fluides pour vous assurer leur qualité.